Thomas Gauthier

Seules les étoiles resteront (ongoing)

 

En 1873, un homme-médecine de la tribu des Lakotas, Black Elk tomba subitement malade. Alors que son corps le lâchait et que la vie s’apprêtait à le quitter, il reçut une vision. Elle était longue, puissante, colorée. Il vit le passé et l’avenir de son peuple. Vers la fin de sa vision, il se tenait sur une haute montage et regardait le monde à ses pieds. «Je voyais de manière sacrée les formes de toutes les choses de l’esprit, et la forme de toutes les formes qui doivent vivrent ensemble comme un seul être.» Et aussi rapidement que la maladie et la vision lui étaient venues, elles commencèrent à se retirer. «Quand le chant à cessé, je me suis senti perdu et très seul.»
La série Seule les étoiles resteront est très librement inspirée de la vision de Black Elk.

Il y a quelques mois, je suis partis plusieurs jours dans la région du Jura en France. Ayant amené avec moi Le cœur battant de Wounded Knee, un roman de David Treuer abordant le thème des amérindiens, je me suis alors mis à penser à ce peuple. En me promenant dans les montagnes, j’ai eu cet étrange sentiment que les amérindiens étaient cachés dans ces montagnes et pouvaient surgir de nul part. Que je pourrais trouver des traces de leurs passages.
Par le plus grand des hasard, mon appareil photo à commencé à faire des images au rendu étrange. L’idée m’ait alors venue de travailler sur une série abordant la notion de rêve.

Cette série est une poésie visuelle, une narration photographique et contemplative incluant des éléments autobiographiques. Elle n’aborde pas de sujet au sens classique du terme. Je mets en images mes sentiments. Dans ce travail j’aborde les notions de lieu et de temps. L’intemporalité est un élément clef de la série. Se perdre dans le temps et l’espace est un sentiment que j’apprécie. La série navigue entre rêve et réalité. Le réel est la matière première avec laquelle je créer un mystère. Je mélange la banalité du quotidien avec des images intrigantes afin de construire une œuvre personnelle laissant au spectateur la liberté de faire leur propre opinion.